lundi 12 janvier 2009

Espoir

Son regard céruléen s’abîmait dans la contemplation immobile de cette eau grise qui coulait lentement sous le pont. Le vent agita une mèche de ses longs cheveux noirs qui vint se coller sur sa joue mouillée de larmes. Tout s’effondre autour de Maryline. Son compagnon l’abandonne, son emploi perdu, sa famille la rejette ; à quoi bon vivre !

D’un geste hésitant elle enjambe le parapet songeant à cet autre soir de Noël ou son cousin lui faisait découvrir l'amour lorsque derrière elle une voix chaude arrête ce geste ultime. Elle se retourne, découvre un homme déguisé en père noël qui l’encourage à conter son désarroi.

Elle explique comment son petit ami l’a quitté pour une autre à l’instant où elle s’apprêtait à lui annoncer son licenciement. Dans un murmure elle narre ce funeste conflit avec ses parents qui depuis trois ans refusent de la rencontrer ; enfin le néant que devient sa vie.

L’homme lui révèle être véritablement le Père noël autorisé à venir sur terre une fois par an, non pas pour distribuer des jouets aux enfants comme le prétend une pesante légende mais pour apporter le bonheur à une seule personne.

Mon enfant lui dit-il, tu vas rentrer chez toi, tu trouveras réunis autour d’une table ton compagnon et tes parents qui, ensemble, t’attendent avec impatience pour célébrer vos retrouvailles. Un courriel de ton patron t’annoncera ta réintégration accompagnée d’une promotion. Jamais plus l’adversité ne s’abattra sur toi tu es désormais sous ma protection.

La jeune fille saute au cou de Père noël lui promettant une éternelle reconnaissance et s’engage sur l’instant à œuvrer pour le remercier.

Un peu embarrassé, Père noël confit à Maryline que la béatitude généreusement offerte aux résidents du Paradis lui laisse toutefois une insatisfaction et invite sa laudatrice à lui prodiguer une longue fellation. Interloquée, Maryline s’exécute toutefois avec toute la bonne volonté dont elle est capable.

Un puissant jet de sperme inonde la bouche besogneuse. Père noël, au terme d’un long soupir, interroge Maryline :
- « Quel age as tu douce enfant ? »
- « Vingt-deux ans Père noël. »
- « Pauvrette, à ton âge tu crois encore au père noël ! »